Lettre pour Samuel Le Bihan

Lettre ouverte de Ludivine DOUADY à Samuel Le Bihan
“Ouverture d'un collège lycée en région parisienne”

mardi 16 mars 2021,

Bonjour Samuel Le Bihan,

Je m’appelle Ludivine DOUADY et suis maman de 2 enfants : Maëlys 14 ans et Valentin 11 ans. Très rapidement, je me suis aperçue que mes enfants étaient différents et j’ai demandé de l’aide pour comprendre et les aider au mieux à grandir.

En plus de l’errance médicale, ce sont ajoutées les difficultés d’apprentissage à l’école. Mes enfants ont compensé aussi longtemps qu’ils ont pu au prix d’efforts considérables : en troisième pour ma fille et en CM1 pour mon fils. Dès lors, un bras de fer s’est engagé avec l’éducation nationale même pour obtenir des aménagements très simples (un ordinateur en classe pour mon fils). Ma fille souffre aujourd’hui d’une phobie scolaire sévère mais c’est une alternative heureuse au regard du drame qui s’est joué. Elle est aujourd’hui vivante et va beaucoup mieux mais cela fait presque 18 mois que c’est compliqué. Elle n’a presque rien suivi de sa scolarité de seconde cette année.

Mes enfants sont normaux. Ils sont simplement Asperger (un autiste avec un potentiel intellectuel normal ou haut). Le problème est que cela est totalement inconnu dans l’éducation nationale bien que l’autisme soit une grande cause nationale.

Aujourd’hui, j’ai l’opportunité de prendre la suite d’un collège et lycée indépendant en région parisienne. J’ai le modeste espoir que mon projet pourrait aider à faire évoluer les choses. Mon objectif est de créer un laboratoire scolaire inclusif avec un suivi personnalisé pour chaque enfant. C’est-à-dire que les élèves qui se sentent différents (Asperger, haut potentiel, Dys, phobiques, hyperactifs) soient aussi bien accompagnés sur le plan scolaire que corporel afin de s’approprier pleinement leur vie.

Mon projet est donc à plusieurs niveaux :
- Le premier avoir des classes en petits effectifs (une douzaine d’élèves) avec les aménagements nécessaires à leur confort de travail en termes de luminosité, bruit, espace, ballon ou chaise pour s’asseoir mais également possibilité d’être assis par terre, mur vierge de sollicitation, etc.
- Le deuxième est de pouvoir accueillir des élèves qui commencent à être sérieusement absent dans leur établissement à titre gratuit pour une semaine d’observation et d’oxygénation.
- Le troisième est que les coûts de scolarité soient les plus bas possibles pour toucher un public le plus large possible.
- Le quatrième est d’élaborer des techniques d’apprentissage innovantes en utilisant autant que possible les arts : musique, théâtre, arts plastiques, etc. Nos enfants doivent cultiver leur créativité pour nous trouver les meilleures solutions demain. Lorsque chaque élève sortira de l’école, il aura une feuille identifiant les aménagements d’apprentissage qui lui conviennent le mieux afin de poursuivre le chemin de la façon la plus harmonieuse possible.
- Le cinquième est de diffuser les bonnes pratiques et les outils avec tous les établissements scolaires qui le souhaitent soit par le biais de la formation continue soit par l’accueil de stagiaires encore en formation initiale.
- Le sixième est de créer des partenariats avec les entreprises pour :
o nous aider à fonctionner en nous donnant du matériel, de l’argent, en mettant des personnes ressources à disposition en fonction de nos projets (ex : un informaticien pour le site internet de l’école) ou tout autre contribution.
o Accueillir des jeunes en stage chez eux afin qu’ils puissent, pas seulement en troisième, découvrir de nouveaux horizons et aider à leur orientation.
o Comprendre et être éclairé pour l’intégration des Asperger, hauts potentiels, hyperactifs et Dys en milieu professionnel car ils auront tous développer des capacités exceptionnelles dans un ou plusieurs domaines (créativité, adaptation, communication, organisation, etc.)
- Enfin, septième et dernier objectif faire venir des praticiens dans l’enceinte scolaire pour aider à l’accompagnement de ces jeunes :
o Un psychologue pour aider à s’appréhender intellectuellement,
o Un ostéopathe et un psychomotricien pour aider à s’appréhender corporellement,
o Un orthophoniste pour aider à communiquer.

La somme de tout cela devrait faire que les élèves sauront qui ils sont, quelles sont les forces, comment contourner leurs difficultés et auront confiance en eux.

Je suis portée d’un fol idéalisme mais je crois très fort au potentiel de mon projet. Aujourd’hui, la difficulté majeure que je rencontre est que la structure juridique la plus indiquée n’existe pas et j’aimerai qu’une société à but non lucratif soit créée.

En effet, aujourd’hui, j’ai à effectuer un choix qui ne me convient pas :
- Soit d’ouvrir une société commerciale mais cela va totalement à l’encontre de la philosophie de mon projet,
- Soit d’opter pour l’association mais dans ce cas, je ne peux pas cumuler les fonctions d’administrateur et de directeur. L’alternative est d’accepter soit la perte de contact terrain pour cerner les besoins de nos enfants (et qui évolueront dans le temps) soit d’être évincée à terme de la structure que j’aurai créée.

Je vous remercie par avance de l’attention que vous porterez à ma sollicitation et reste à votre disposition pour échanger ce projet car tout soutien est le bienvenu.

Ludivine

Auteur: Ludivine DOUADY

Lettre pour Samuel Le Bihan. Lettre 65.

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