Lettre pour Guillaume Gallienne
Lettre ouverte de Lydwine van Deinse à Guillaume Gallienne
“Au clair de la lune ”
10 décembre 2018,
Il était une fois une femme de lettres et de cheval.
Cette femme, aussi loin qu’elle se souvienne, avait toujours écrit, en même temps qu’elle nourrissait une passion pour la plus noble conquête de l’homme.
Sur les bancs de l’école où elle apprit à écrire, elle eut souvent le bonheur d’entendre ses rédactions lues par le professeur devant toute la classe. Elle en avait gardé une, et aujourd’hui à 50 ans passés, elle se permettait de ne pas être d’accord avec les corrections en rouge apportées par celle qui malgré tout, avait sélectionné son récit parmi les 26 rendus, une histoire triste qui se terminait par la mort du petit oiseau héros de l’histoire. Tout le monde avait eu les larmes aux yeux. C’est avec une infinie tendresse qu’elle se penchait sur le souvenir de cette petite fille qui faisait ses premiers pas d’écrivain.
Parisienne élevée en plein cœur de la ville, elle fit du poney puis plus tard du cheval dans une banlieue chic du sud de la capitale. A la maison, elle écrivait son journal qu’elle tint régulièrement jusqu’à l’âge adulte.
Née en 1967, elle grandit avec le papier à lettre et les belles enveloppes, et elle écrivait … à tout le monde. Elle entretenu une relation épistolaire très suivie avec sa grand-mère dont elle avait conservé tous les courriers. A 18 ans elle eu son BAC de philo et s’inscrit le lendemain des résultats en fac d’ethnologie, sans trop savoir où elle allait.
Mais la vie est surprenante, et à la fin de l’été elle se retrouva en Angleterre où elle avait suivi son amoureux anglais rencontré le jour de son inscription. Elle décida alors de s’inscrire dans une école à Londres pour y apprendre la langue de Shakespeare. Quelques mois plus tard elle obtenait son deuxième diplôme. Un diplôme d’anglais.
Gouvernés, elle et son amoureux, par la soif d’aventure, ils partirent pour les états unis. Elle écrivit alors chaque jour, leurs aventures. Mais à 19 ans elle avait parfaitement conscience qu’il lui fallait apprendre un métier alors ils décidèrent de rentrer en France pour qu’elle présente le concours d’entrée à l’école d’infirmière. Pourquoi infirmière ? Parce qu’elle aimait les êtres humains et parce qu’elle était impatiente d’être autonome pour pouvoir aller où bon lui semblerait. Les études d’infirmière n’étaient pas trop longues et offraient l’assurance de trouver du travail partout.
Parallèlement elle continuait à écrire … aux autres ou pour elle-même.
Les chevaux étaient bien loin à cette époque, tout au plus s’offrait elle une promenade sur leur dos quand l’occasion se présentait, mais son rêve c’était de partir seule en toute liberté avec son propre cheval. Qui sait pourquoi ce rêve lui semblait inaccessible ?
Mue par l’envie dévorante de parcourir le monde, elle voyagea beaucoup.
Un peu avant la quarantaine elle se stabilisa en achetant une maison. Elle gagnait beaucoup d’argent, mais elle dépensait tout, ce qui lui valu bien des déboires avec le trésor public et les régimes de cotisations obligatoires. Là, elle mit les bouchées doubles pour écrire à tous ces organismes et obtenir des délais. Elle s’ingéniait à prendre les gens qui la lisaient par les sentiments, essayant de les faire culpabiliser en les interrogeant sur le sens de l’existence, tandis qu’elle promettait de payer ce qu’elle devait dès qu’elle le pourrait. Elle se régalait à écrire ces courriers en imaginant leur tête.
A 40 ans elle réalisa son rêve d’enfant. Elle acquit sa première jument, Alyzée. Elle se promenait encore en Porsche et en manteau de fourrure mais elle se préférait déjà toute pleine de boue quand elle rentrait de balade avec Alyzée les jours de mauvais temps. Peu à peu cette jument la rendit à sa vraie vie. Elle vendit sa Porsche, donna ses manteaux et ses chaussures de luxe, et cessa de sortir dans les endroits à la mode.
Elle se mit à écrire un roman. Alyzée mourut, mais elle avait eu le temps de la ramener à ses valeurs de manière pérenne. Une fois son chagrin consolé elle adopta une autre jument, Loukia, et c’est sur son dos qu’elle rencontra un cowboy qui lui dit à peu de chose près: « Tu es belle et tu sens bon. » Elle l’épousa presqu’aussitôt. Elle abandonna son métier d’infirmière, ils prirent un ranch et acquirent une dizaine de chevaux. Et là, au milieu de ses chevaux, elle se mit à écrire de plus en plus.
Le temps était venu d’en faire son métier.
Cette femme de lettres et de cheval c’est moi.
Bonjour Guillaume Gallienne, si vous lisiez quelques extraits de mon roman à la radio, ça vaudrait toutes les promotions du monde ... Son titre : "le dîner" Un Amour compliqué entre un pasteur et une chrétienne à peine catholique.
Auteur: Lydwine van Deinse
Lettre pour Guillaume Gallienne. Lettre 10.
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