Lettre pour François Morel

Lettre ouverte de Christian Gouin à François Morel
“J'ai rêvé que...”

3 janvier 2022,

Bonjour François Morel,
Je vous envoie ci-dessus, mon "billet d'humeur" autour de la vaccination. Je suis en effet, un peu las de cet acharnement médiatique autour des "non vaccinés". J'ai décidé malgré tout d'attaquer ce sujet, sous un angle que vous jugerez comme bon vous semble. J'avais simplement envie de le partager avec vous, ornais moi aussi.
Avec l'assurance de mon profond respect.

J’ai rêvé que…

C’était l’heure de mon ultime voyage, après une vie terrestre ordinaire, simple, bien remplie, avec l’idée du devoir accompli. J’apportais avec moi dans mes bagages, plein de bons souvenirs, des rires, des partages, mais aussi des plaies, pas forcément toujours bien cicatrisées.
J’étais cependant serein, voire même « léger », pour me présenter directement aux portes du Paradis céleste, en toute confiance. A ma grande surprise, Saint Pierre avait discrètement pris sa retraite (bien méritée), pour céder sa place à Saint Emmanuel, Saint Jean, et Saint Olivier.
Commença alors l’interrogatoire, pour savoir si je méritais mon PP (Oh pardon, mon Passe Paradis), ou si je devais rebrousser chemin.
Les questions étaient précises et concises, autour de ma vie sentimentale, professionnelle, et de mes engagements.
Mes réponses le furent tout autant : marié depuis plusieurs dizaines d’années, des enfants, des petits enfants, ma vie professionnelle a entièrement été tournée vers la jeunesse. J’ai même reçu la reconnaissance d’un ministre. Mes engagements, avec responsabilités, furent également nombreux et divers : associations sportives, citoyen élu, association humanitaire, donneur multirécidiviste de globules rouges et plasma, et j’en passe. J’ai même toujours payé mes impôts en temps et en heure.
Enfin bref, je les voyais tous les trois cocher les cases allègrement, ce qui laissait pressentir que bientôt j’aurais les clefs, pour admirer en toute quiétude de là haut, cette Terre que je chérissais quotidiennement, quand j’étais  en bas.
Quand soudain, ultime question : « Etes-vous vacciné contre le covid ? ».
Question simple, réponse courte : « Non ». Je vis alors devant moi, trois visages, virés du rose pâle au rouge carmin, pour devenir violets foncés, en quelques secondes. Très embarrassé devant cette scène, j’essayais alors de rattraper la situation, en justifiant que circulaient toutefois dans mes veines des traces de variole, de BCG, de DT Polio, de Genhevac B, …, mais rien à faire pour apaiser leurs colères.
L’un brandit alors ses menottes, l’autre son carnet de contraventions, et le troisième, une gigantesque seringue qu’il tenait à deux mains.
Ni une, ni deux, je pris les jambes à mon cou (j’avais de la chance, j’étais resté sportif), et m’enfuis précipitamment, lorsque le réveil sonna.
Ouf, j’étais sauvé ! Enfin, c’est ce que je pensais.
Comme tous les jours, j’allumais alors les infos (sans doute un peu trop) à la télévision ou à la radio, pour me tenir au courant de l’actualité, et j’eus cette impression bizarre, qu’on m’adressait directement la parole, ou me regardait sévèrement, pour me fustiger, m’injurier, ou me juger, parce que j’étais devenu désobéissant, irresponsable, voire même criminel.
Je voudrais alors tout de suite m’excuser auprès de mes parents, qui de la haut doivent se dire: « Mais qu’est-ce qu’on a fait de mal, pour avoir un fils qui bascule aussi tardivement dans la délinquance ? ».
Un peu comme monsieur Jourdain, j’étais devenu délinquant sans le savoir.
Non, ce n’était pas un rêve !
Sans nier la pandémie, sans appeler à la non vaccination pour toute la population, respectant les gestes barrières, analysons toutefois avec finesse les tableaux et graphiques, pour une interprétation plus précise et plus juste.
Point question cependant pour ma part de me repentir, même si le bûcher est allumé, me consume petit à petit, et me brûle à l’intérieur.
Je plaide non coupable messieurs les juges, et fais appel à la raison, pour plus de justice et de tolérance. Ne divisons pas un peuple déjà fragilisé.
Je terminerai enfin mon propos, la plume chancelante, par une note d’espérance, car je crois toujours malgré tout au paradis terrestre, et je continuerai chère famille, chères amies, chers amis, à vous aimer comme avant, vaccinés, ou non.


Proverbe Turc
« Celui qui cherche un ami sans défaut, reste sans ami »

Auteur: Christian Gouin

Lettre pour François Morel. Lettre 116.

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