Lettre pour Isabelle Huppert

Lettre ouverte de ida niddam blumenfeld à Isabelle Huppert
“Bonjour Isabelle Huppert,”

4 décembre 2025,

Bonjour Madame Isabelle Huppert,
Dimanche dernier, le 30 novembre, au cinéma de Rio de Janeiro, à l'occasion de la projection du film où vous êtes la principale actrice, je vous ai rencontrée tout à fait par hasard. Je ne m'attendais pas du tout à vous voir, car je ne savais pas que vous seriez présente à la fin de la projection.
Quand je m'apprêtais à sortir de la salle de cinema et je vous ai vue plantée comme ça devant moi dans l’obscurité. C'était très surprenant pour moi, pour deux raisons : la première, c'est que je ne m'attendais pas du tout à ce genre de situation, et la deuxième, c'est que j'ai senti em vous regardant comme quelqu'un de familier. C'était choquant, et j’ai dit sans même comprendre pourquoi : Isabelle ? Isabelle ? Isabelle ? C'est vous ??? Et vous avez souri, et je ne savais pas quoi dire, et j’ai balbutié : « Quand j'étais jeune, on me disait que je vous ressemblais... » Et vous avez ri fort spontannément. Et j'étais gênée de cette situation très bizarre. Et vous avez demandé au monsieur qui vous accompagnait de prendre votre sac, et vous êtes allée em directoin de la scène pour répondre aux questions de la post-projection... Et je vous ai dit : « Une superstar si accessible... » Et je suis partie.
Je vous ai dit "Isabelle" parce que, d'abord, je ne m'attendais pas du tout à vous voir et, en plus, c'était très obscur dans la salle. Mais je voyais vos yeux briller et vous m'avez ramenée à mon adolescence, mes jeunes années d'insouciance à Paris...
Depuis l'âge de 15 ans, on m'arrêtait dans la rue à Paris pour me demander un autographe... de vous. Et donc, moi, je ne savais même pas qui vous étiez à cet âge. Et donc, je me suis renseignée, et à l'époque, on m'a dit que vous étiez l'actrice importante de La Dentellière, etc. Et au fil des ans, on me parlait souvent de cette ressemblance. Mais je n'y attachais pas du tout d’importance. Et puis, les remarques sur votre ressemblance se sont estompées au fil des années...
J’ai grandi et j'ai travaillé dans le milieu journalistique, à l'agence CAPA TV pour la télévision, et à l'époque, on avait l'exclusivité sur Canal+ pour le Festival de Cannes et bien sûr, j’ai eu l'occasion de vous rencontrer, mais ça m'intéressait pas plus que ça, puisque je n'étais pas particulièrement intéressée de vous rencontrer sous cet optique de soi-disant ressemblance, et ce n'était pas du tout intéressant de parler de ça á l’époque.
Mon mariage d'amour m'a amenée à changer de pays, à vivre au Brésil, à Copacabana, depuis maintenant 28 ans, et on ne m'arrête plus dans la rue pour me demander qui je suis ou votre signature.
Mais voilà, donc, quand je vous ai vue dimanche 30 novembre au cinéma de Rio, ça m'a fait un choc et ça m’a ramenée au passé, et j'ai senti dans vos yeux quelque chose de cinglant, de familier, de très gentil et vulnérable.
En tout cas, sincèrement, je voudrais m'excuser parce que j'ai l'impression que je vous ai fait peur, car moi-même j'ai eu peur de ma propre reaction quand je vous ai vue, car je ne m'attendais pas du tout à vous voir, et encore moins à vous interpeller de la sorte, et encore moins à vous voir sans la protection d'une escorte comme les mégastars... Vous aviez une expression très mystérieuse, fragile, un contraste incroyable entre votre notoriété et votre regard si attentionné, si humain, bienveillant, gentil.
Comme je vous ai dit, j'étais vraiment choquée par la situation, je vous assure que j'ai eu un choc et je me suis dit : « Il ne faut pas l'embêter, elle va se représenter maintenant, tout le monde l'attend, et je suis en train de l’embêter avec mon interpellation insolente, intrigante... » Et je me suis dit : « ida, mets-toi de côté, respecte le timing de cette dame ! Cette grande actrice, tout le monde l'attend, et elle a quelque chose à faire, laisse-la bosser, tu la déranges, arrête !!! »
Mais non, je vous ai accaparée et detournée de votre concentration. Je sentais que je vous ai fait peur et je vous ai dit : « Isabelle? Isabelle? Isabelle? Isabelle?» Même moi, je me dis : « Mais qu'est-ce qui me prend ? Ce n'est pas normal !!! » Et je vous ai dit : « Vous êtes une superstar, et vous êtes en même temps si accessible. » Oui, parce que vous aviez l'air vraiment très fragile, très forte, mais aussi vulnérable, accessible, gentille, en toute noblesse.
Donc voilà ! Excusez-moi si je vous ai fait peur, mais c'était, je vous assure, c'était pas du tout calculé, c'est tombé comme ça. J'attribue ce moment aux dérives de votre célébrité et à lexpression três maladroite de mon extrême timidité-extravagance. C’est Du aussi à l’air que génère de Rio de Janeiro...surtout. tout simplement.
Après, je suis retournée dans la salle et je suis allée m'asseoir à côté de mon amie qui est journaliste. Je lui ai raconté la bizarrerie qui venait juste de se passer, et je lui ai demandé de vous aborder conformément comme une journaliste s’adresse à une star, à la fin de votre intervention, de respecter lês normes et de nous présenter, et de voir comment faire un lien avec vous, mais sans vous déranger comme j’aivais fait juste avant...faire tout conformément au protocole, mais elle n'a pas pu attendre la fin et a dû partir. Donc je me suis retrouvée toute seule. Donc je savais pas quoi faire, car je voulais vous parler, et je ne savais même pás pourquoi, et je ne savais même pas quoi vous dire! Quelle souffrance! Comme quoi les personnages célèbres exercent un effet miroir sur l'âme des gens, et ce doit être dur et pesant d'assumer ce rôle. Surtout assez dangereux, car il doit sûrement y avoir des dérapages. On ne sait jamais sur qui on tombe, il y a des risques quand on est si exposé...
Je ne sais même pas pourquoi j'ai attendu la fin du programme et pourquoi j'ai voulu faire un selfie avec vous, car je déteste le rapport idole-fan, et je n'ai jamais demandé de selfie à personne, ni même au roi d'Angleterre. Jê luttais contre moi-même, et jê ne savais pás pourquoi.
Et me voilà embarquée à vous demander un selfie. J'avais vraiment trés honte de moi. Et encore une fois, votre réaction très gentille et très tolérante et patiente. Après le selfie, je vous ai bien regardé dans les yeux pour voir et sonder où est la soi-disant ressemblance... et jê suis partie...Je ne vous ai même pas dit merci, je n'arrivais pas à exprimer en peu de mots ce que je voulais dire et je ne voulais pas vous embêter. Vous étiez avec votre groupe, avec toutes ces centaines de gens qui vous attendaient et qui vous admiraient.
J'ai envoyé ce selfie à une copine. Elle ne vous connaît pas, elle est de l'intérieur du Brésil, et me demande : « C'est ta sœur ? » Je dis : « Non, c'est la grande actrice, Isabelle Huppert, va voir le film, etc. » Donc, il y a quelque chose.... et la journaliste qui m'a accompagnée, elle ne vous connaissait pas avant le film, et elle me dit dès le début du film : « Ida, elle te ressemble. » Je dis : « Non c’est fini tout ça, ça c’était avant, c'est quand j'étais plus jeune. » Mais elle me dit : « Il y a quelque chose dans l'expression... »
J'admets que quand j'étais plus jeune, surtout sur certaines photos, il y avait une petite ressemblance au niveau de la morphologie du visage, du rapport géométrique entre les organes du visage, de ce calcul. Mais il y avait surtout un air stoïque et impassible, froid en commun. Et c'est ça que les gens percevaient, je crois. C'était plus une expression qu'un physique.
Donc, voilà, c'est assez narcissique ce genre de monologue. Et on doit vous em raconter des histoires.... Mais j'avais besoin d'en parler parce que je suis dans une phase de ma vie où je tourne une grande Page: j'ai perdu mon mari. Ça va faire presque 3 ans. Donc de vous avoir vue comme ça tout d'un coup, j'ai eu un choc et vous m'avez rappelé mon adolescence à Paris. Toute une vie!
Le fait que je sois veuve et expatriée me force à lutter, me renouveler, renaître, et quand je vous ai vue dimanche dernier, j'ai eu un grand choc. J'ai vu ma vie défiler, mes 15 ans et mon insouciance et la légèreté de la vie... Et vous étiez plantée devant moi, avant votre représentation, nécessitant une certaine concentration, et moi vous imposant ma présence et mon interpellation, ma phrase, vous embêtant, et je ne savais pas quoi dire... C'était inexplicable. Un peu violent car CE n’était pás le moment de vous parler. Jê m’en excuse.
Et c'est marrant parce que j'ai reçu chez moi il y a environ 15 ans, le représentant de ce festival de cinéma français Varilux avec sa femme et ses enfants. On a reçu toute sa famille à notre table pour le vendredi soir à Rio Copacabana quand mon mari était encore en vie et au cours du repas, on avait même découvert qu'on avait des relations de Paris en commun, et on s'est dit : comme quoi le monde est petit. Les âmes se rencontrent. Et c’est bien de ne pás tout prévoir.
Si vous avez besoin d’un sosie qui n'est plus ressemblant, ou si vous avez besoin d’une assistante cinema, si vous revenez à Rio et que malgré votre groupe de communication, vous ayez besoin d’une copine, ou d'autres types d'informations que votre groupe n’aura pas, prévenez-moi, ce serait un plaisir de vous rencontrer ou de vous recevoir pour un repas ou un café thé, et je ne vous ferai plus du tout peur. Jê suis un vrai clown.
idaniddam@####.com
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J espere que vous n ‘avez pás perdu votre temps et ernegie en me lisant.et merci si vous avez lu. Et merci de m’avoir inspirée.
Vous êtes, sans aucun doute, un ancrage dans l'histoire du cinéma, un phare, un point de repère, et je vous souhaite une excellente continuation toujours en augmentant dans toutes vos entreprises avec la conviction que ce que vous faites est bon, ainsi que la joie et la santé tout le temps. Et toute votre famille aussi.All the Best.
ida niddam blumenfeld
rio de janeiro, 3/12/25

Auteur: ida niddam blumenfeld

Lettre pour Isabelle Huppert. Lettre 13.

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