Lettre pour Élise Lucet
Lettre ouverte de Claudette Moroni et Brigitte Le Goffe à Élise Lucet
“Racket fiscal à l'encontre des professeurs détachés en Grèce”
20 mai 2021,
Bonjour Élise Lucet,
Nous sommes un groupe de retraités ayant été en poste comme enseignants détachés par l'AEFE (Agence pour l'enseignement du français à l'étranger) dépendant du ministère des Affaires Etrangères entre 2012 et 2018. Nous étions protégés sur le plan fiscal par une convention bilatérale stipulant que nous relevions du régime fiscal français, comme tout fonctionnaire détaché à l'étranger. Cette situation est brutalement remise en cause depuis fin décembre 2020, de façon rétroactive avec, de surcroît, de très lourdes pénalités. Cette manoeuvre du fisc grec repose sur une relecture unilatérale de la Convention autorisant l'Etat Grec à ne pas tenir compte de la Convention! Les enseignants concernés, ayant évidemment déjà payé leurs impôts à la France, se voient réclamer de deux à quatre fois le montant de leurs impôts français, ceci étant rétroactivé sur cinq ans, voire plus dans certains cas. Cette situation inacceptable car insoutenable s'apparente à un véritable racket fiscal, d'autant que ces professeurs ne bénéficient pas, lors de leur mission, de salaire spécifique d'expatrié, percevant le salaire normal d'un professeur exerçant en France et ne bénéficiant d'aucun avantage matériel. Fabien Perrier a écrit un article sur ce sujet dans Marianne en début d'année.
Ces professeurs n'ont jusqu'à présent reçu aucun soutien de l'ambassadeur en poste à Athènes qui ne répond pas à leurs demandes de rendez-vous ou se livre à des atermoiements insupportables. Nombre de nos collègues sont déjà entrés en dépression et souffrent de n'avoir aucune information tangible quant à leur sort depuis près de 6 mois. Saisi de la question par un représentant du FSU hors de France, monsieur Le Drian n'était même pas au courant, non plus que le MEN, les informations ne circulant apparemment pas depuis l'ambassade, de sorte que nous nous sentons totalement abandonnés par l'Etat français, peut-être peu soucieux d'incommoder l'Etat grec au moment où se négocient des contrats d'importance (vente d'avions Rafale).
Nous avons alerté plusieurs députés et sénateurs et souhaitons qu'apparaisse au grand jour une situation qui pénalise très lourdement et injustement des enseignants partis remplir une mission éducative en toute confiance. Il est évident que si nous avions su que nous ne serions pas protégés sur le plan fiscal, nous serions rentrés en France au plus tôt ou ne nous serions pas engagés dans cette mission.
Persuadés que cette situation inique retiendra toute votre attention, nous vous remercions pas avance de bien vouloir vous faire l'écho de cette injustice flagrante.
Auteur: Claudette Moroni et Brigitte Le Goffe
Lettre pour Élise Lucet. Lettre 4044.
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