Lettre pour Élise Lucet

Lettre ouverte de Sophie PINET à Élise Lucet
“Enquête incomplète et imprécise”

17 janvier 2018,

Bonjour Élise Lucet,
Je déplore beaucoup de raccourcis dans votre enquête et beaucoup d'approximation. Je déplore également le manque de place laissé aux différents intervenants pour leur permettent de répondre aux questions et interpellations légitimes. Une des premières omissions de votre part réside dans l'obligation des industriels à collecter le lait des producteurs de lait même si l'industriel n'a pas les ventes de produits derrières. Un exemple, vous parler du cas du producteur SODIAAL qui a eu son lait payé en prix B sur juillet 2016 à 191€ la tonne. Pour rappel le prix B ne s'applique que sur le surplus de litrage accordé au producteur à savoir 50 000 litres sur les 500 000 litres annuels autorisés (j'arrondi pour simplifier le calcul, je crois que c'était 470000 litres en tout. Donc si on reprend juillet 2016, l'agriculteur va livrer à la laiterie 500000/12 = 42000 litres. Sur ces 42000 litres, 10%, soit 4200 litres seront valorisés à 191€ et 37800€ à 272€ soit une paie de 802 + 10282€ soit un total de 11084€ soit un prix au 1000 litres de 264€ les milles litres soient une perte de marge réelle pour le producteur sur ce moi de 76€ et non 147€ comme sous-entendu dans le reportage.
Ce qui n'est pas dit non plus, et je ne sais pas si vous vous y êtes même seulement intéressé. Dans le même temps, si le producteur fourni une usine de transformation de fromage à raclette, il se peut que sur un mois de juillet, l'entreprise ne fabrique pas à plein. Imaginons une usine qui transforme 100 000 litres jours à plein et qui se retrouve pour le coup à transformer 60000 litres. Elle collecte quand même 100000 litres, obligation de ramassage et soit donc revendre 40000 litres JOURS au prix du marché spot du lait fixé à 191€, soit une perte sèche par jour pour l'entreprise de 73€ (264-191) * 40 = 2920€. Prenons 5 jours de fabrication par semaine sur 4 semaines, on arrive à une perte mensuelle de 58400€ pour l'entreprise!!!
De plus le producteur en question a aggravé sa situation par un investissement dans un robot de traite, investissement qu'il aurait pu s'éviter. Il aurait pu, dans un premier temps, commencer sans et acheter après avoir pu estimé le retour sur investissement. Mais dans ce cas il a mis la charrue avant les bœufs.
Tous les exemples que vous avez donné son contestable car incomplet. Et je peux en faire, par un droit de réponse, l'entière démonstration. Un manque de maîtrise des problématiques de secteur vous ont amené, vous et vos équipes, à survoler le problème et à ignorer le principal problème aujourd'hui qui est notre de production des matières premières alimentaires aujourd'hui en France.
C'est très clairement, même si l'intention est plus honorable, du journalisme bling/bling. Et c'est dommage!!!
Je n'avais jamais regardé une de vos enquêtes et très clairement j'ai été extrêmement déçue du contenu.

Auteur: Sophie PINET

Lettre pour Élise Lucet. Lettre 2378.

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