Lettre pour Élise Lucet

Lettre ouverte de Manu L. à Élise Lucet
“Cash investigation, idée peut-être hors-sujet (?)”

16 janvier 2018,

Bonjour Élise Lucet,
Je ne suis pas forcément convaincu de l'efficacité de ce site pour vous contacter, mais je n'ai pas trouvé d'autre moyen simple (obligation d'être "ami" ou abonné sur facebook, ce dont je n'ai pas vraiment besoin...), bref, je tente !
J'ai comme un doute sur la légitimité du sujet que je vais vous proposer dans votre émission Cash-Investigation.
Je suis animateur périscolaire depuis une vingtaine d'année. Je constate que ce travail est basé surtout sur la précarité, l'exploitation de personnes souvent sous-formées. Les collectivités territoriales sont souvent politisées et perdent le point de vu pédagogique. Selon moi on devrait parler de service public et donc gratuit, mais non on se retrouve dans la marchandisation de l'éducation (pas l'enseignement, mais bien éducation). Les collectivités territoriales profitent d'une dynamique crée par la formation BAFA, qui est de l'animation volontaire (statut unique au monde (il me semble) et qui ne concerne pas du-tout l'animation périscolaire qui est professionnelle) qui est celle de l'engagement, car oui sur une colo on s'engage pour offrir aux enfants des vacances, intelligentes, avec de la découverte, du vivre ensemble, de la citoyenneté, etc... on ne compte pas ses heures (levé 7h et couché vers minuit pour les plus chanceux), on est sous-payé mais on le sait et on y va avec plaisir (une affaire qui est remonté jusqu'à la cour européenne a déjà ébranlé le métier en 2006-2007).
Je suis également formateur BAFA (un brevet inadapté à ce mode d'animation mais que les collectivités demandent souvent pour pouvoir être professionnel de l'animation, bref...) et lors des 2 stages théoriques de cette formation nous sommes obligés de former les gens à travailler sans matériel, car sans se mentir dans 80% des structures françaises on doit travailler sans matériel, sans outillage, temple du DIY (Do It Yourself, la débrouille, la récup', etc.).
Je ne suis pas dans les bureaux de nos chers-es supérieurs-es, je ne dirige pas de structure, je n'ai donc pas toutes les informations sur les tarifs demandés aux parents, des salariés-es sous-payer (actuellement je gagne 970€/mois et c'est le plus gros salaire que j'ai touché en 20ans), des salariés-es avec des journées complètement découpées (amplitude horaire de 11 à 12h pour seulement 6 effectives), une exploitation des salariés-es avec CDD à répétition (je n'ai jamais vu l'ombre d'un CDI), et donc travailler sans matériel... Où passe l'argent des parents ?
Bref, un sujet qui me touche et dont on ne parle jamais, tout ça semble "normal", entre nous on se le dit mais rien n'est médiatisé. Oui ce n'est pas un sujet lié directement aux finances mais on touche le domaine public tous les français-es on le droit de savoir ce qui se passe, les collectivités doivent être un peu secouées à ce sujet.
J'espère que ce message vous parviendra (je croise les doigts).
Merci pour vos magnifiques coups de pieds dans ces trop nombreuses fourmilières obscures !
Manu.

Auteur: Manu L.

Lettre pour Élise Lucet. Lettre 2366.

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