Lettre pour Élise Lucet
Lettre ouverte de Elise Gros à Élise Lucet
“La schizophrénie un mal méconnu”
26 juin 2017,
Bonjour Élise Lucet, je me présente je m'appelle Élise Gros et je suis schizophrène. Je vais avoir 36 ans. J'ai été diagnostiqué il y a huit ans lors de mon hospitalisation à l’hôpital Philippe Pinel à Amiens. Enfin j'avais un mot sur mes maux. Mais au delà de ça, il y a énormément de clichés et de méconnaissance de cette pathologie dans les médias. J'ai un traitement je suis stable et lucide, chez moi ceux sont parfois des mouvements d'humeurs exaltation puis "chute", mais j'ai la chance de pouvoir verbaliser à l'équipe infirmière qui me suit ainsi qu'au psychiatre que je vois tout les mois, le docteur P., une femme très professionnelle et à l'écoute!!! Je suis donc bien entourée mais malheureusement la situation financière de l’hôpital se détériore... Je vis donc dans l'incertitude quant à la qualité des soins que l'on peut m'apporter. Qui plus est, cette pathologie a diverses formes: certains patients entendent des voies, ont des hallucinations visuelles voire sensorielles. Je vous écrit donc dans l'espoir d'un possible reportage sur ce sujet complexe qu'est la schizophrénie et la stabilité des structures de soins. Il y a 1% de la population qui souffre de cette pathologie et lorsque j'en parle certains clichés ressortent: "Mais on est tous schizophrène voyons!" Et bien non car si on échangeait une de mes angoisse par exemple avec celle de quelqu'un d'autre il sentirai en effet la différence, c'est un peu comme dire à un migraineux que ce n'est qu'un simple maux de tête!!! De plus ce sujet appelle à la complexité car il existe d'autres pathologies prises en charge par l’hôpital: addiction à l'alcool, la drogue, bipolarité et j'en passe... Puisque j'ai fait un séjour (salvateur pour moi heureusement) dans un service d'entré, j'ai pu voir un "panel" de difficultés et de problèmes, que ce soit au niveau psychique ou logistique. (Surpopulation, manque de soignants, équipe à majorité féminine ou j'ai pu constater qu'en cas de crise d'un patient qui se mets en danger, ou mets les autres en danger, les "renforts" masculins sont appelés à la rescousse pour maitriser des patients en crise.) Bref, une pathologie méconnue, et des infirmiers psy tenant la barre coute que coute malgré les problèmes financiers.
J'ai un profond respect pour votre travail ainsi que pour vous, et l'émission Envoyer spécial; un reportage de fond sur ce sujet pourrai peut être éveiller les consciences, et voire que l'on peut être schizophrène sans être un danger pour autant! Je suis autonome j'ai un traitement donc, je sors je vis je suis sur mes pieds!!! Alors cassons les clichés du "schizophrène sociopathe tueur"! Car même si c'est un travail sur soi à mener, une bataille parfois pour avancer et se stabiliser, je suis ressortie grandie et sur mes pieds de l’hôpital psychiatrique; alors même qu'un séjour dans un hôpital "classique" peut être malheureusement... comment dire, "fatal".
Je vous pris de recevoir mes sincères salutations et j'espère avoir été assez clair dans mes propos!
Cordialement
Élise Gros
Auteur: Elise Gros
Lettre pour Élise Lucet. Lettre 1632.
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