Vincent Lindon

Lettre ouverte de Stephane à Vincent Lindon
“Un drame social annoncé ”

lundi 23 novembre 2020,

Bonjour Vincent Lindon,

Vous qui avez tenté, selon vos propres termes, de réfléchir à la question la plus banale:
« Mais comment avons-nous pu en arriver là? ». Ceci dans une lettre engagée et partagée au peuple, parlant notamment d’équité, nous sollicitons aujourd’hui votre soutien.

Nous sommes 50 000 familles à pratiquer en France l’instruction-en-famille, et nous désirons votre aide au sujet d’une question de bien commun : la liberté d’instruction.

Celle-ci a été stigmatisée récemment par le président Macron, qui n’a pas eu peur de faire un hors sujet, en confondant instruction en famille et radicalisme musulman. Ce sujet est une atteinte supplémentaire à notre liberté à tous, puisqu’il remet en cause notre constitution (droit de l’homme et de l’enfant confondus), dont les lois sociales ont été créées dans le sang, rappelons-le, par les résistants de la seconde guerre mondiale.

Profitant de la méconnaissance des foules à ce sujet, le Président Macron veut faire passer une loi anti-constitutionnelle : rendre obligatoire l’école pour tous dès l’âge de trois ans. Jusqu’à présent, seule l’instruction était obligatoire jusqu’à l’âge de seize ans. Les familles de l’IEF ne sont pas des clandestins radicaux, voire des extrémistes religieux. Chaque famille est contrôlée tous les ans au sein de son foyer par des inspecteurs de l’éducation nationale et tous les deux ans par la mairie de sa ville. C’est une population extrêmement transparente. De plus les résultats sont excellents puisque 98% des contrôles reçoivent un avis favorable.

Tous les enfants ne s’intègrent pas au système scolaire, un certain nombre d’entre eux souffre de problèmes: inadaptation, hyperactivité, phobie scolaire, troubles de la lecture et de l’écriture... C’est 15% des enfants qui rencontrent des difficultés parfois insurmontables et que l’école déjà en souffrance ne peut prendre en charge. Certains et non des moindres sont harcelés, 700 000 enfants français selon l’UNICEF.
Tous ces enfants souffrants finissent en échec scolaire ou sont exclus socialement.

L’instruction en famille s’est avérée être une alternative et une solution de choix, pour permettre à de nombreux enfants de retrouver la route de l’apprentissage ainsi que du bien être, et pour devenir ensuite de futurs citoyens adultes épanouis. Cette sortie de l’école est le plus souvent temporaire.
C’est, la plupart du temps, des parents engagés et soucieux de l’avenir de leurs enfants qui entreprennent cette démarche. Certains peuvent délibérément choisir une instruction originale, pour faire bénéficier à leurs petits d’une pédagogie alternative dont les preuves ne sont plus à faire ( Freinet, Montessori, Steiner). Pour les autres, en dehors du CNED, il existe de nombreuses écoles de qualité par correspondance.

La liberté d’instruction, en plus de permettre le sauvetage de nombreux enfants, est aussi un vivier de créativité et d’inspiration pédagogique pour les enseignants eux-mêmes.
L’école rendue obligatoire dès trois ans, pourrait devenir, non plus une source d’ouverture, mais un appareil idéologique d’état sans discussion et potentiellement dangereux, ne laissant aux parents qu’un droit de liberté réduit quant à l’éducation de leurs enfants, le parent étant totalement déresponsabilisé. Cela surtout si cette dérive autoritaire du gouvernement Macron demeure. Dérive qui s’annonce déjà avec la manœuvre ministérielle des lycéens, mais aussi ces images choquantes d’élèves traités comme des prisonniers de guerre.

En outre, c’est l’égalité des chances, chère à Monsieur Jules Ferry qui est à rebours. Il est évident que les enfants qui ne suivront pas, ou qui seront dans des écoles moins favorisées, en subiront les conséquences en premier et le séparatisme faussement religieux se transformera alors à nouveau en réel séparatisme de classes sociales.

Si à la prochaine rentrée scolaire ces 50 000 enfants retournent à l’école sans égard pour leurs difficultés et leur caractère atypique, ce sera une catastrophe sociale pour eux et leurs familles.
Là où Monsieur Macron veut diviser et interdire, il y aurait lieu de partager et d’offrir à chacun cette solution, pour faire face aux nombreuses difficultés de l’école. Quitte à officialiser l’IEF.

Voilà Vincent ce dramatique état des lieux qui ne cesse de s’aggraver de jour en jour. Nous espérons que vous pourrez faire connaître cette cause autour de vous, comme de nombreux sénateurs le font, pour que cette loi scélérate ne soit pas votée.

En vous remerciant et en comptant sur votre soutien, veuillez recevoir, Monsieur Lindon, l’expression de nos sentiments les plus sincères.

Stéphane et Marie, parents de deux enfants qui sont en instruction en famille depuis 6 années et pour qui c’est une grande réussite.

Auteur: Stephane

Lettre pour Vincent Lindon. Lettre 194.

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