Lettre pour Samuel Le Bihan

Lettre ouverte de ######### Floriane à Samuel Le Bihan
“Une main tendue”

mardi 27 octobre 2020,

Bonjour Samuel Le Bihan,

Je m’appelle ######### Floriane, je viens d'avoir 18 ans et j'habite en Meuse. Je vous écris car je suis porteuse de 2 troubles dys invisibles : la dysphasie (à mon sens c'est le plus emmerdant de tous et qui épargne aucune matière) et la dyslexie qui entraînent des difficultés scolaires. Je vous dévoile la plus grosse facette de mes difficultés. Être dysphasique c'est pas avoir un problème de compréhension (bon, moi, je vous dirais que si car mes troubles sont un gros problème pour l'école, qu'on ne les retrouve pas chez les autres, alors je me dis que c'est moi qui comprend rien). Mais, non, loin de là ! J'ai juste un cerveau atypique ayant un système différent qu'un autre, il faut juste qu'on s'adapte à moi. D'ailleurs, les personnes Dys ont majoritairement des capacités supérieures à la normale, (mais on peut s'en apercevoir grâce à une compensation maximale du handicap à l'école). Cela fait 10 ans que mes troubles ont été reconnu par la MDPH, suite à des doutes de mon instituteur de primaire, car il a remarquait à plusieurs reprises que je répondais, avec une bonne volonté de faire, toujours à côté de la plaque. Depuis là, on m'attribuer une AESH adorable, une petite perle rare, qui a été une aide très précieuse jusqu'à ma dernière année de collège, où tous les efforts ont fini par payer en récoltant mon brevet mention très bien. Elle était à mes côtés pour que je puisse avoir un accès à la compréhension à l'école et ainsi prouver mon intelligence caché derrière mon handicap car j'ai un très beau potentiel, me la souvent dit mon AESH, bien évidement que moi j'en doute (étant dys, la confiance et l'estime de moi font 2, au moins). Je me suis épanouie scolairement grâce à un accompagnement irréprochable.

Il est temps d'aller au lycée. Mais c'est un calvaire qui m'attends. Ce cauchemar s'explique car je n'ai plus le droit de comprendre (j'ai eu une AVS qui n'a pas le niveau pour me réexpliquer/ de me reformuler un cours/un exo, elle m'a même dit qu'elle était une plante verte). Sans avoir le droit de comprendre, je n'ai pas réussis à suivre alors que mon potentiel était bel et bien là, et malheureusement seule, je n'ai pas pu le montrer. Pendant 3 ans, mes troubles n'ont fait que reprendre le dessus, j'ai eu cette impression d'une tempête dans ma tête qui dévaste tout sur son passage. Nous sommes bon qu'à être réorientés, et sous-estimés, je n'ai cédé à aucun moment à une réorientation pour seul en cause : mon handicap (sans les aides vitales qui ont déjà fait leur preuve auparavant dans ma réussite), au tant mourir. Les profs ne sont pas sensibilisés, ni formés (et le pire, ils ne le demandent pas à y être au divers handicap). Une prof se cassait en me voyant bloquer sur les exos, un autre m'ignorait, une autre me disait «oh ! Je ne peux pas te mettre à ta place» et c'est cassée. Le 2éme jour de la rentrée au lycée, une prof se permet de dire à ma mère «vous avez fait que ça ?» (car j'ai 2 autres sœurs dys)… J'allais au lycée pas avec le sourire, les larmes aux yeux avec la boule au ventre et une gêne à la gorge. Les dernières semaines de lycée, j'avais des nausées tous les jours ; heureusement que les établissements scolaires ont fermé sinon je n'avais pas le choix de prendre des anti-vomitifs sur moi. J'avais l'impression d'aller tous les jours au CLAP pour diagnostiquer mes troubles au lieu d'aller au lycée où tout le monde avait droit à sa chance. Régulièrement, j'ai pensé à me foutre en l'aire (par exemple) en m'immolant au lycée mais malheureusement je n'ai jamais eu le courage de commettre cette acte irréparable ou heureusement, bon, tout dépend de ce que mon avenir me réservera. Sachez que dans mon établissement, il y a eu un autre cas similaire au mien. Auparavant, une trop grande majorité des Dys ont été délaissé au fond de la classe, et n'ont pas pu faire des études avec leurs réelles capacités qui ont été gaché, aujourd'hui visiblement ça n'a guère évolue, et demain comment ça sera ? Les mentalités sur le handicap doit changer. Je suie de très le site de la Fédération Française des Dys, j'ai d'ailleurs participé (en quelque sorte) à la 14éme JNDys via à un témoignage vidéo et qui est sur youtube. Suite à mon gros mécontentement (et aux témoignages sur divers handicaps), j'ai aussi décidé d'écrire à Mme Macron qui est restée malheureusement sans réponse.

Actuellement, j'ai plein de rages au fond de moi. J'ai juste envie de transformer ces 3 ans de malheur en une FORCE, certes pour faire bouger les choses mais aussi changer le cours de ma vie. (J'aimerais aussi pour plus tard travailler dans l'audiovisuelle/le cinéma, ce milieu m'attire beaucoup.) Dans quelques années, j'ai envie de m'entendre crier «Merci» au Bon Dieu pour ce handicap in-voulu pour me remarquer grâce à cette différence. J'ai pas envie d'en rester là avec le mal qu'on m'a fait, faire comme de s'y rien était et continuer, c'est pas possible que je passe à autre chose, les laisser gagner. J'ai aussi envie de prouver des choses à mes parents telle que de faire un parcours différent que les autres certes mais de taper dans le mille, réussir encore mieux qu'un autre normal,… J'aimerai fortement écrire un livre mais le problème c'est que je m'aperçois, suite à une régression de mes troubles, des obstacles comme une concentration hyper-difficile à me mettre dedans et surtout à y rester, beaucoup de temps entraînant une grosse fatigue pour pas grandes lignes, énormément d'idées mais compliquer à les formuler, très peu de confiance en moi, me décourage vite. Mais pour autant je ressens que cette étape est vitale pour me reconstruire, me redécouvrir, revivre en fessant cette belle expérience. Je suis à la recherche d'une PERLE RARE. Je n'aurais pas ces ambitions éveillés en moi, j'aurais le morale dans les chaussettes en permanence. Je souhaiterais de ne plus me réveiller de mon sommeille un matin et rêve (parce que je n'y crois plus en la vie). Un autre projet, qui en suit, me tient tout aussi particulièrement à cœur, c'est celui d'en faire un film pour toucher le plus grand nombre de personnes et pourquoi pas m'incarner par-moi, ça me plairait, ce serait une très belle expérience. Je sais qu'il existe des personnes qui travaillent en collaboration pour aider à réaliser ce genre de projet. (Je suis timide et je n'aurais pas osé de vous envoyer ce SOS sans la complicité dans mon AESH adoré. Je ne compte plus les SOS que j'envoie à droite à gauche, à Mme Nanty, à Mme Jaoui, à Mr Destin, aux maisons d'édition qui n'ont donné pas de retours.) S'il vous plaît, AIDEZ-MOI à réaliser mon vœu le plus cher… (Si vous voulez bien me donner retour, vous veilleriez à m'en faire part par adresse mail.) (En parallèle, votre film sur l'autisme m'a énormément touché, ému. Un grand Merci de mettre le handicap dans la lumière face à des caméras pour sensibiliser notre société.) J'espère, qu'en tant que père de famille ayant une fille autiste, sachant ce que c'est un parcours du combattants, vous serez touché par ce SOS envoyé par une jeune femme qui veut faire de son handicap en une force. Comptant d'une attention particulière de votre part par rapport à cette lettre et dans cette attente, je vous prie de recevoir, Monsieur Le Bihan, mes remerciements par avance.

######## Floriane

Auteur: ######### Floriane

Lettre pour Samuel Le Bihan. Lettre 51.

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