Alexandre Arcady

Lettre ouverte de JOSETTE CANDELA-BONNAVION à Alexandre Arcady
“Ames en detresse”

mardi 16 janvier 2018,

Bonjour Alexandre Arcady,


Josette Candéla-Bonnavion
17 h ·



J’ai rencontré plusieurs fois, en Europe et ailleurs, des gens qui s’étonnaient de ce que nous fussions, nous Pieds-Noirs, restés si français : Français par la langue, français par les mœurs, français par le tempérament, et surtout Français par le cœur. Il n’y a pourtant pas là, matière à grande surprise. Si nous sommes restés Français, le miracle a rien de tout à fait naturel. Existe-t-il un homme sur la face du globe qui ait eu le bonheur et l’honneur de naître Français, et qui n’ait pas été fier de conserver ce titre toute sa vie ? " Nous sommes restés Français parce que nous sommes fiers d’être Français. On ne renonce pas à ce nom-là.
Ah ! si l’on nous montrait une patrie d’origine qui fût plus belle, plus noble, plus glorieuse, peut-être... Mais non ! Cela ne ferait pas pour nous un iota de différence. Nous tenons à la France par toutes les fibres du cœur, elle serait la plus humble des nations que nous lui dirions encore : « Nous sommes à toi, ô Sainte France Généreuse, protectrice ou mère oublieuse, nous t’avons aimée, nous t’adorons et nous te chérirons toujours. Nos pères sont morts pour toi, nous sommes tes enfants et nous voulons mourir, comme tes enfants ! »
« On ne déracine pas un sentiment comme celui-là, Messieurs, Mesdames.
Les fils de plus d’un million de Pieds-Noirs arrachés violemment à l’Algérie française, il y a plus de cinquante ans sont aujourd’hui deux millions de patriotes parlant le français, s’appelant des Français, et imposant le caractère distinctif de leur race « les Français d’Algérie. » Non, mille fois non, le sentiment français d’Algérie ne se détruit pas. Il est gravé en caractères indélébiles au plus intime de notre être, et ceux qui ont été les témoins de la solennelle démonstration d’hier ne doivent plus avoir de doute à cet égard ; ils n’en ont jamais eu d’ailleurs.
« Ce sentiment, chez nous, a subi toutes les phases de l’épreuve. Quand la France nous laisse seuls ou presque seuls, chargés de garder intact l’honneur de son nom, nos ancêtres lui donnèrent leur vie et sauvèrent par une victoire suprême sinon sa puissance, du moins l’honneur de son drapeau. Plus tard, malheureusement, nous fûmes oubliés. La France n'est pas la seule à oublier les siens

Auteur: JOSETTE CANDELA-BONNAVION

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