Yann Moix

Lettre ouverte de Serge Franquinet à Yann Moix
“L'Odyssée du Présent”

dimanche 22 avril 2018,

Bonjour Yann Moix,

J'évite par l'effort de ne pas me faire plus petit que je ne le suis donc voici une lettre ouverte à votre attention.

J'ai fui depuis une grande traversée de muqueuses qui me propulsa contre mon gré dans la lumière, celle de la vie consciente. Cette fuite devait finir un jour. Se retourner et faire face aux assauts de la bêtise du monde est le fruit de l'épuisement bien plus que celui du courage. Il m'apparaît évident que vous le savez si pas mieux, au moins aussi bien que moi. J'ai donc osé d'abord l'écrire. Mieux encore, soumettre librement mes maux à la toile au risque d'attirer de foudroyantes araignées aux mots venimeux. J'ose vous proposer la lecture de mon premier roman, carrément. J'ose vos critiques. Certainement les vôtres parce qu'elles sont toujours directes (ou uppercutiennes); pire, j'ose ici le risque de votre silence.

Vos analyses sont sincères puisqu'elles touchent aussi brutalement les complimentés que ceux qui l'espéraient normalement, presque légitimement. Qui peut créer sans le désir d'être compris ? Qui peut croire qu'il crée s'il ne ressent pas une profonde incompréhension envers le monde qui l'entoure ? Ces deux questions classifient probablement ceux qui peuvent tout entendre de leurs propositions (artistiques ou autres) des autres, les vexés avec ceux qui savent déjà qu'ils le seront et vous évitent cordialement.

J'espère que cette lettre ouverte démontrera ma capacité à tout entendre au point d'accepter même de ne rien entendre du tout. Accepter alors que me livrer soit finalement si uniquement égocentrique; un exercice défait de contenu, absence forcément décrite sans talent. Seul le silence de tous réussirait à me le faire admettre.

A tous, je n'aime pas l'idée d'être un objet de pitié: préférez ne rien m'écrire que de croire que de faux encouragements puissent me plaire.

Si l'outil de la construction de "l'Odyssée du Présent" ne fut que le banal clavier gras et sale d'un vieux petit portable démodé, le moteur fut l'envie de raconter pour expulser à mon tour, d'imaginer un rubik's cube dont les cases seraient des mots colorés et les faces, des idées novatrices. Une nouvelle manière de dire, de se (la) raconter. Non pas comme un simple jeu de piste mais via un labyrinthe cubique composé d'escaliers et de couloirs grammaticaux à travers lesquels j'espère moi-même ne pas m'être égaré. Le cas échéant ma proposition serait partiellement ratée car de toute manière, je suis heureux d'avoir pianoté certaines notes de ma vie; fussent-elles recouvertes par des paroles mal écrites ou mal chantées. A mes oreilles, elles sonnent justes. Je suis heureux d'aller jusqu'ici, jusqu'à la publication de cette lettre ouverte. A l'aulne de mes traits de caractère, c'est une révolution personnelle !

J'aime à penser ceci: "La lumière ne crée pas d'ombre, c'est l'obstacle. Bien éclairée, l'ombre disparaît toujours" et "Un Ermite n'est pas un individu qui s'isole, c'est un sage qui s'enfuit", surtout lorsque j'ai compris qu'il ne s'agissait pas de fuite mais de contemplation simple. On ne le comprend que lorsque l'on est épuisé.

Merci pour le temps que vous consacrez à la préparation de vos interventions éclairées dans l'émission animée par Laurent Ruquier et merci également pour celui que vous aurez peut-être réussi à inventer pour la lecture de cette lettre ouverte.

Voici le lien qui vous aurait conduit à mon premier roman que j'ai choisi de publier librement sur internet.

https://sergefranquinet.wixsite.com/roman

Post-scriptum: C'est fait, j'ai osé :-)

Auteur: Serge Franquinet

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