Élise Lucet

Lettre ouverte de Corinne à Élise Lucet
“Conditions de vie en Ehpad ”

dimanche 13 mai 2018,

Bonjour Élise Lucet,

Mon père est décédé dimanche 6 mai 2018 à 89 ans des conséquences directes d'un traitement non adéquat, d'un manque d'attentions et de soutien psychologique et d'une utilisation systématique à haute dose de médicaments (anti depresseurs, anxiolytiques, traitements contre la maladie d'Alzheimer et autres) de la part d'un Ehpad de la région PACA dont je tairais le nom pour l'instant et qui avait accepté son dossier et l'avait intégré le 19 mars dernier.
Je précise que lorsqu'il y est rentré mon père il était autonome. Autonomie qu'il a perdue au fil de ses quelques semaines passées dans cet établissement.

L'Ehpad a systématiquement réagi brutalement à son mal-être et à quelques emportements et comportements jugés inadaptés en l'envoyant 4 fois à l'hôpital dont 2 fois aux urgences et 1 semaine complète en gériatrie pour réévaluer ses traitements médicamenteux jugés trop faibles par la direction qui à ce moment là ne disposait pas d'un médecin coordinateur.
A chaque aller retour son état physique et psychique empirait. J'ai eu beau contester ces séjours a l'hôpital et l'usage des médicaments dans son état (57kg pour 1,74m) et réclamer plus d'attention notamment dans le suivi des repas et de l'hydratation rien n'a évolué.

Après moins d'un mois de séjour la direction m'a demandé de trouver rapidement une autre structure pour l'accueillir arguant qu'elle avait mal jugé de son dossier et que mon père n 'était plus compatible avec la structure ajoutant que dans l'intervalle il conviendrait de continuer voire d'augmenter la prise de médicaments.

A compter de cette demande, mon père a été plus ou moins laissé pour compte. Je le trouvais souvent endormi sur une chaise ou sur un lit ou la tête dans son bras à sa table de repas tout cela a cause des calmants.
S'il oubliait de fermer son robinet d'eau chaude on lui enlevait la manette. La dernière fois qu'il a été envoyé à l'hôpital, c'est dans un vêtement d'emprunt trop grand, d'autres fois on lui a mis des bretelles ridicules au lieu de ses ceintures, etc
Il avait conscience de ces "brimades" et à fini par renoncer et s'est laissé glisser jusqu'à la mort.

Alors qu'il avait été envoyé une nouvelle fois a l'hôpital le 1er mai, Il en est sorti le 4 pour être transféré directement à ma demande dans une structure disposant de personnels compétents et ne faisant quasi pas usage de médicaments. Malheureusement il était déjà trop tard et il est décédé 1 jour et demi plus tard.

Ma soeur et moi souhaitons mettre au jour ce type de traitements et notamment l'utilisation systématique de médicaments pour calmer les troubles liés aux maladies neuro dégénératives, ainsi que le manque de considération envers les personnes âgées et le manque d'humanité notamment de certains cadres. En effet pour nous les personnes qui ont conduits notre père à cette fin triste fin sont la direction de l'Ehpad pour son incompétence et le médecin coordinateur qui applique systématiquement aux résidents Alzheimer ce qu'on appelle des "camisoles chimiques".
Doit on accepter que nos parents deviennent indésirables parce que leur maladie évolue ?

Je reste à votre disposition pour plus de détails et témoignages dans l'espoir que vous envisagiez de traiter du sujet des conditions de vie en Ehpad dans votre émission "Cash Investigations" . Ce sujet est criant et va s'amplifier du fait du nombre croissant de personnes rentrant en maisons de retraite à des âges avancés et donc souvent atteints de maladies évolutives comme la maladie d'Alzheimer et apparentées.
Bien cordialement
C

Auteur: Corinne

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