Élise Lucet

Lettre ouverte de Irène SCHIEL à Élise Lucet
“Maladie de Lyme”

samedi 24 février 2018,

Bonjour Élise Lucet,

Je vous écrit car j'ai lancé une pétition au mois de janvier, qui prend une grande ampleur. Il s'agit de dénoncer l'omerta qui est organisée autour de la maladie de lyme.
Les médecins qui s'occupe de cette maladie et par conséquent des malades sont inquiétés. Mon médecin est inquiété, il risque une radiation pour avoir voulu me soigner, nous soigner, nous les malades de lyme.
L'objet de cette pétition est la défense de nos médecins et notamment du Dr Bransten (mon médecin). Voici le lien de la pétition : change.org/MaladieDeLyme

Il faut que vous parliez de ce scandale qui est étouffé. Les malades souffrent et sont pour certains qui ont les moyens d'aller se soigner à l'étranger. Je vous met ci-dessous mon témoignage, il est long, mais s'il vous plaît prenez le temps de le lire, c'est trop grave et trop important.
Je vous remercie par avance, si vous décidez de vous saisir de ce scandale. Pour votre information, la pétition va être remise le mercredi 28 février dès 8 H 30 à plusieurs instances sur Paris. Je serais ravie de vous rencontrer pour vous parler de ce sujet.

Voici mon témoignage :
ENLEVEZ MOI CETTE E...TIQUE...TTE
Voilà mon histoire, (s'il vous plaît, prenez le temps de la lire)
Je suis une femme et une maman de 3 enfants, j'ai bientôt 45 ans et ma vie est ….comment dire ? Remplie de souffrance, de douleurs, de handicap et surtout d'incompréhension.
Tout à commencé, il y a environ 20 ans (enfin, c'est ce que je croyais), ça a certainement commencé bien plus tôt. J'ai fait une paralysie faciale en 1999. Mon médecin m'a fait passé une multitude d'examen, une IRM avait même décelé une tumeur au cerveau. Le médecin envisageait donc une opération. Il m'a donné un fort traitement de cortisone. Ma paralysie a commencé à se résorber même si aujourd'hui j'en ai encore des séquelles. Une IRM de contrôle a été effectuée et là « SURPRISE », la tumeur n'était plus présente.
Dans la batterie d'examen qui avait été faite, il y a eu le dépistage de Lyme. Il était positif, mais c'est moi qui m'en suis rendu compte, en lisant mes analyses, car le médecin ne m'en a pas parlé. Je ne m'en suis pas plus occupé, puisque le médecin ne m'en a pas parlé, c'est que ça ne devait pas être grave...
La vie a repris son cours, j'ai repris mon travail, sans avoir été traité pour Lyme.
Entre temps, je me suis mariée et j'ai eu mes 3 enfants. Je passe les différents épisodes de douleurs, une opération de la colonne vertébrale en 2006 pour rien, des épisodes dépressifs (soi-disant) etc...
Durant ce temps là, j'ai eu une multitude d'arrêt de travail....
Un beau jour, ou plutôt je devrais un mauvais, en 2008, j'ai eu de forte douleurs à la tête, pas comme d'habitude, j'ai attendu j'ai pris des calmants mais ça ne passait pas. J'en parle à mon mari, je lui dis que c'est bizarre, c'est pas la même douleur que d'habitude. Il me dit, il faut aller aux urgences. J'étais tellement épuisée que j'ai suivi son conseil. Je suis donc allée aux urgences. J'ai été prise de suite, et il s'est avéré que je faisais une méningite mixte, virale et bactérienne. Là encore, batterie d'examen, ponction lombaire, tests sanguins etc...deuxième test de lyme, revenu positif. Le médecin aux urgence « m'engueule », me dit que j'ai forcément était piqué et que j'aurai dû le signaler pour être traité. Donc là, traitement antibiotique mis en place, mais seulement 10 jours...le temps de l'hospitalisation. Je sors de l'hôpital, fatiguée. Je reprends le travail quelques jours après et la vie reprend son cours...
En 2010, toujours d'importante douleurs, une fatigue indescriptible, j'étais tellement épuisée que même le repos ne me faisait rien. Je vais voir mon médecin, (je suis une très bonne cliente). Il me dit qu'il faut que je sois hospitalisée, pour que je me repose. Il me dit qu'il connaît une clinique psychiatrique à Lyon et que ça me fera du bien. Tellement fatiguée, tellement épuisée, je ne demande qu'à le croire...je suis donc hospitalisée dans cette clinique. Là, le psychiatre, me bourre de cachets, je n'étais plus moi...il me diagnostique même bipolaire ! Il me donne un traitement que même un cheval ne supporterait pas. Je deviens une larve, dépendante de toutes ces saloperies de psychotropes...Je veux partir, le médecin ne veut pas...J'ai été obligé de faire des choses impensables aujourd'hui pour sortir, mais il ne m'a pas laissé rentrer chez moi, il m'a transféré dans un autre hôpital psychiatrique plus prés de chez moi et là, je me retrouve dans une chambre de sûreté. Je passe la nuit attachée à mon lit..on me prend pour une folle dangereuse. Deux jours après, je suis transférée dans un service, je suis enfermée, je pleure, je pleure beaucoup. Je n'ai plus le droit de voir mon mari, mes enfants. On m'a isolé, comme si j'étais dangereuse pour moi et pour les autres. Et puis, quelques semaines passent. Le psychiatre me reçoit. Je lui dit que je veux sortir voir ma famille, il me laisse une journée en « permission ». Le soir, j'y retourne et je vais voir avec mon mari, l'infirmier présent dans le service. Je lui dit que je ne reste pas, que je viens chercher mes affaires. Il me dit que j'avais le droit, que j'étais en hospitalisation libre. Je suis donc sortie...enfin libre !
Je vais voir un médecin psychiatre, il continue à me prescrire le même traitement et cela dure plusieurs mois, j'étais toujours un légume, incapable de faire quoi que ce soit à la maison.
Un beau jour, les services sociaux, ont débarqué à la maison avec les gendarmes. C'est un signalement qui a été fait par l'école des enfants.
Le soir même, les enfants sont emmenés dans un foyer, mon mari est placé en garde à vue. Tous les ordinateurs de la maison, appareils photos, téléphones portables ont été saisis pour les besoins de l'enquête. Là c'est le choc....Je me retrouve seule, j'ai tout perdu !
La garde à vue de mon mari à durée 24 heures. Le lendemain j'ai été entendu par les gendarmes. 10 jours après, l'enquête était classée sans suite !
Vous allez me dire mais quel rapport avec mon histoire.
Ben voilà, on y vient. Je me suis dit, que les enfants aller pouvoir rentrer à la maison, mais que néni. Les services sociaux se sont acharnés et surtout la juge pour enfants. « Madame, vous êtes trop fragile pour vous occuper de vos enfants, vous avez un lourd traitement psychiatrique, nous ne pouvons pas vous rendre vos enfants ». La plaisanterie à durer 13 mois exactement...on m'a enlevé mes enfants parce que j'étais soi-disant en dépression...
Au moment du placement des enfants, j'ai eu comme un électrochoc. Je me suis dit, ce n'était pas possible que je continue à prendre tout ces cachets dont je n'avais pas besoin, au fond de moi, c'était comme une certitude.
J'ai donc tout arrêter d'un coup. J'en ai parlé à mon psy, que j'ai continué à voir. Au fur et à mesure, il a été « scotché », c'est le terme, de voir que l'absence de traitement n’entraînait pas de rechute. Il m'a suivi jusqu'à ce que mes enfants rentrent à la maison, car sinon, la juge m'aurait accusé de refuser de me soigner. Au dernier rendez-vous, il m'a simplement dit, Mme vous n'êtes pas bipolaire, vous étiez en burn out ! Ouah, quel choc et en même c'était pour moi un début de réponse.
Depuis, ce moment là, j'ai toujours et de plus en plus de fortes douleurs, des maux têtes insupportables, une fatigue que je ne peux pas vous décrire tellement que je suis épuisée, des problèmes urinaires, gastriques, de grosses difficultés pour marcher et je ne peux pas tout citer tellement la liste de mes problèmes est longues. Mais tout ça, je le cache, il n'y a que mon mari et mes enfants qui le savent et qui le supportent et qui m'aident au quotidien pour faire certaines tâches. Personne ne voit ma souffrance, parce que dans cette société nous n'avons pas le droit de dire que l'on a mal, que l'on prend un traitement, de s'arrêter de travailler, sans être traité de fainéante, de droguée (à cause des calmants), d'être une personne qui s'écoute trop.
Une goutte d'eau est venue, faire déborder le vase, car j'ai transmis cette fichue maladie à mon conjoint et mes enfants...et oui, vous ne le saviez pas mais cette maladie est transmissible sexuellement, in-utéro et la question se pose pour les dons sanguins. Mais cela, bien-sûr on nous le cache. Quel scandale, cette omerta...

Alors, aujourd'hui, je voulais vous dire tout cela, à vous ma famille, mes amis, aux autres personnes. C'est pas parce que je souris que tout va bien. Ma vie est très compliquée, j'ai l'impression d'être dans le corps d'une personne âgée, mon corps ne suit plus...
Je veux qu'on arrête de me juger, et que l'on comprenne le calvaire qu'est cette maladie.
Mon témoignage est un peu long (beaucoup même) et je remercie les personnes qui auront pris le temps de le lire jusqu'au bout.
J'espère qu'en témoignant, ça vous permettra de comprendre cette maladie et de ne pas être trop dur avec moi ou d'autres personnes que vous pouvez côtoyer et qui sont peut-être atteintes aussi.
Pour certaines personnes vous découvrez des éléments de ma vie, que je n'avais pas pas partagé. Ca aussi c'est douloureux mais j'espère que vous avez l'esprit assez ouvert pour ne pas juger et comprendre l'enfer dans lequel, je suis tombée, que ma famille est tombée à cause d'une bactérie qui me bouffe de l'intérieur.
Alors s'il vous plaît, enlevez-moi cette é...TIQUE...tte. Car non je ne suis pas une fainéante, non je ne suis pas dépressive, non je ne fais pas que m'écouter et non je ne suis pas une mauvais mère....Je suis juste une personne qui souffre le martyr pour faire les gestes du quotidien, pour tenir toute une journée au travail sans jamais se plaindre. Je suis une femme, qui voudrait pouvoir vivre une seule journée sans douleurs....VIVRE TOUT SIMPLEMENT !
Maintenant, je m'adresse plus plus p particulièrement, à notre ministre.
Vous ne pouvez pas continuer à ignorer les ravages que causent cette maladie. Pourquoi ne sommes nous pas traiter correctement puisque cette maladie se traite avec des antibiotiques. La sécu y gagnerait, car avec tous les antidouleurs, les anti-inflammatoires que l'on me prescrit à longueur de temps, le trou de la sécu, j'y participe allègrement à l'heure actuelle. Alors que si on m'avait administré la bonne dose d'antibiotique avec la bonne durée, on en parlerait certainement plus aujourd'hui.
Mme BUZIN, il y a U.R.G.E.N.C.E !
Regardez ce qu'est ma vie, ce que j'ai enduré et ce que j'endure encore. Je travaille et j'aime mon travail, je suis au service des justiciables. Je refuse de m'arrêter car je sais que je n'arriverai plus à reprendre le cours de ma vie. Le soir quand je rentre, je ne peux plus rien faire, j'ai tout donné le peu d'énergie que j'ai pour mon travail. Je suis un légume Mme BUZIN et mes enfants qui sont des ados aujourd'hui, voudrait une maman dynamique, qui fasse du sport avec eux, mais non au lieu de ça, ils jouent le rôle d'aidant pour leur mère. Il m'aide dans les tâches quotidiennes dont je vous passerai les détails tellement c'est dégradant humainement.
Mme BUZIN, c'est un appel au secours aujourd'hui que je vous lance. J'espère que vous saurez l'entendre et pourquoi pas, y répondre.

Auteur: Irène SCHIEL

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