Élise Lucet

Lettre ouverte de Guimbaud Veronica à Élise Lucet
“Contrat d'apprentissage en CHR, de l"esclavage".”

vendredi 24 novembre 2017,

Bonjour Élise Lucet,

Si France Television vous laisse un peu de budget pour réaliser votre travail il serait intéressant de pointer votre œil avisé vers les contrats d'apprentissage et de professionnalisation dans les métiers du CHR. Vous pourrez alors voir que les restaurants traditionnels (hors chaînes) ne vivent que grâce à des apprentis sous payés et surtout surexploités au vu de leur âge. Personne ne respecte le code du travail au vu des heures travaillées et des horaires déments pour des jeunes de 14 ans à 18 ans. Je vous fais parvenir une copie de la lettre que j'ai adressée au President de la République à la veille de la réforme de l'apprentissage.



Monsieur Le Président de la République ,
Je me présente je suis une femme de 45 ans pour qui l’état a donné une opportunité de réaliser une reconversion professionnelle en cuisine.
J’ai commencé en octobre 2016 un CAP pour adultes au CFA de la CCI de mon département. les cours ont duré 8 mois et j’ai finis au mois de mai de cette même année .
Le cours comporte 659 heures à l’école et 447 heures en entreprise en qualité de stagiaire.
Le premier défi a été les heures travaillées. Nous dépassons allégrement les 39 heures. Le CFA nous recommande de nous exécuter si l’employeur nous demande de faire des heures supplémentaires. Nous ne pouvons refuser parce nous avons absolument besoin de ces mêmes employeurs pour obtenir le diplôme convoité. Je travaille donc les samedis et dimanches a la demande de l’employeur. Mais il nous est officiellement interdit de travailler le dimanche en qualité de stagiaire non rémunéré. Les 11 personnes ayant suivi le cours avec moi, tous ont dépassé les 39 heures et tous ont travaillé le dimanche.
Nous nous sommes plains aux formateurs du CFA et tous nous disent que la cuisine c’est cela.
Nous avons tous obtenu l’examen et notre diplôme .
Personnellement j’ai voulu continuer a me former et j’ai décidé de faire un Brevet Professionnel. J’ai cherché un contrat de professionnalisation dans un restaurant qui a accepté de m’engager.
Le contrat de professionnalisation a une durée de deux années en alternance école et entreprise (restaurant) . Douze semaine de l’année à l’école soit 420 heures, et le restant en entreprise.
J’avais le statut d’apprenti, payé au smic et 39 heures de travail a la semaine. Mon employeur obtenait une prime d’embauche ainsi qu’un dégrèvement des charges patronales comme l’indique la loi.
J’ai commencé a travailler et j’ai dépassé largement les 39 heures , j’était plutôt entre 50 et 60 heures sur une semaine de cinq jours.
Je me suis renseigné auprès de mes autres collègues à l’école et tous sont dans mon cas, mais leur âge varie entre 17 et 24 ans .
J’ai demandé a mon chef de régulariser les heures, il m’a répondu que la cuisine c’est comme cela, à prendre ou a laisser.
Dans ce restaurant il y a un seul cuisinier et 3 apprentis, un de 17 ans, l’autre de 15 ans et moi-même de 45 ans. Les deux apprentis font les mêmes horaires que moi, soit 10 à 11 heures par jour. Je ne vous parle même pas des horaires et cadences durant la saison touristique (2 mois sans aucun jour de repos pour 300 € mensuel pour les plus jeunes)
J’ai exposé mon problème à l’école ainsi que pour mes deux collègues apprentis. L’école (CFA) m’a répondu qu’ils ne pouvaient rien faire. C’est aux parents de porter plainte à l’inspection de travail. Bien sûr le CFA dépend des employeurs pour être rémunéré et se contrefiche des abus de ces derniers. On ne scie pas la branche sur laquelle on est assit.
Comment voulez vous que les parents portent plainte ? Le restaurant a bien voulu prendre leurs enfants pour les former, je dirais plutôt les dégoûter de la cuisine et de l’apprentissage. Ici en Europe nous sommes scandalisé par l’exploitation des enfants dans le monde. Mais il ne faut pas aller très loin, ici en France nous en sommes pas très loin.
Vous allez réfléchir et modifier l’accès à l’apprentissage pour le promouvoir. Vous devriez prendre en compte la réalité sur le terrain, du moins dans la branche CHR, sinon les métiers de bouche en France vont disparaître.
J’ai personnellement dû arrêter ma formation à cause de l’exploitation honteuse des entreprises dans cette branche et sans entreprises quid de formations.
Je souhaite que vous preniez ce problème récurent à bras le corps pour faire respecter la loi et développer dans de saines conditions l’avenir de notre artisanat.

Auteur: Guimbaud Veronica

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