Claude Lelouch

Lettre ouverte de Marc Sluse à Claude Lelouch
“Ils ont osé”

samedi 20 janvier 2018,

Bonjour Claude Lelouch,
Quatorze , vous avez bien lu quatorze . C'est le nombre de hold-up reproché à un couple dont le mari a fait une
spectaculaire évasion de la maison de peine de Jamioulx ( Belgique ) .
Alors , depuis des mois , des avis de recherche sont quotidiennement diffusés . Des barrages sont installés ça et
là dans tout le pays . Après le journal télévisé , on diffuse photos sur photos avec parfois des rajoutes de postiches ,
mais rien n'y fait , les fugitifs restent introuvables , les hold-up continuent . Quelle stratégie faut-il adopté pour mettre un
terme cette cavale et ces braquages ?
Marcus est à nouveau dans le collimateur de nos pandores. Pour eux , il ne fait aucun doute qu'il y ait un lien . Les
indics sont formels , alors on va le chercher et l'interroger . Il ne sait rien et ne veut rien savoir de cette affaire . Malgré
le peu d'élément , une garde à vue et une mise au cachot jusqu'à présentation au juge sont appliqués. Pour eux Marcus
est le maillon faible et c'est par ce maillon qu'ils vont résoudre l'affaire malgré ses protestations .
Alors le moment arrive où je suis conduit chez la juge d'instruction .
Avant de rentrer dans le bureau du juge , on m'attache à un anneau fixé au mur ,car il est important pour ces
gendarmes de rencontrer le juge hors ma présence, et donner le compte rendu de l'enquête . Je me trouve seul
devant cette chambre et attend patiemment . Le temps passe , mon bras se fait de plus en plus lourd , je finis par le
laisser pendre de tout son poids et surprise , l'anneau se décroche du mur ; Je suis Libre et pense de suite à leurs
fausser compagnie . C'est qu'ils m 'en ont fait bavé ces tristes individus depuis deux jours . Il va falloir faire vite car ,
un temps interminable s'est écoulé . Je me casse , je descends les escaliers par lesquels j'étais venu et me retrouve
en quelques secondes sur la rue . Instinctivement , je tâte les portières des voitures , à la troisième , la portière s'ouvre
et je constate qu'une clé est sur le contacte ! Là, cela devient anormal , il me faut réfléchir vite , très vite .
Horreur , je me rends compte que je me suis fait avoir , cette attente seul devant le juge , l'anneau qui
cède et puis ... Tout cela n'était que mise en scène en vue de me mettre en cavale pour sûrement rejoindre les deux
fuyards . Merde ! ILS ONT OSE .
Je fais demi tour , remonte à la salle des pas perdus et attends assis sur le banc l'ouverture de la porte du juge et
ma mise sous écrous .
Il y aura bien entendu une suite à cette affaire , une suite pour moi inattendue , car après quelques semaines à
la prison de Vervier , trouvant ma situation abusive , j'ai un beau matin téléphoné à la presse pour leur expliqué que
je me trouvais dans une position " arbitraire " .
Je ne saurais vous répondre quand à savoir si c'était dû au journaliste ou simplement , la cabine sur écoute !
L'après-midi , j'étais LIBRE , LIBRE et encore LIBRE . A+ Marcus

Auteur: Marc Sluse

Claude Lelouch, 138 lettres ouvertes, 599 visites

Un commentaire sur cette lettre à Claude Lelouch
  1. Bonsoir Monsieur Lelouch ,

    Si vous avez suivi mes lectures , vous aurez alors compris que cette histoire fait suite à la lettre 113 " Vivre pour le meilleur ".
    Je me souviens très clairement de cette époque parce qu'un autre évènement s'est déroulé dans cette même prison de Verviers
    quelques jours avant mon arrivée . A cette époque , il n'était pas rare que des mineurs d'âges soient incarcérés . Cette prison de
    Verviers fut la dernière à " accueillir " un gamin de seize ans . C'était dans les années deux mille , deux mille un . Après quelques
    jours d'incarcération , on retrouva l'enfant pendu à un barreau .La presse fit un scandale , ce fut le dernier de la liste hélas trop
    longue.
    Je suis donc arrivé quelques jours après ce drame. Malgré le nombre de cellules vides (!) , on m'avait imposé une cellule de
    quatre personnes . Je suppose que cela venait du cabinet du juge d'instruction . ( Ce n'est pas sans nous rappelé quelque part
    un film des années 60 " Le trou " avec Michel Constantin ) . Ce que l'on ne montre jamais dans les films sont les problèmes de
    confinements et les aléas qui en découlent . Je pense d'abord aux fumeurs , aux malades , aux nerveux , aux pouilleux , aux
    pétomanes , aux flairants , aux débiles … que l'administration pénitentiaire vous impose . Pour moi , le plus gros problème ne
    se trouvait pas dans cette liste non , mon plus grand problème était de devoir faire mes besoins et ma toilette à moins d'un mètre
    des trois autres. Les toilettes extérieures avaient été murées aux promenades à causes des trafics qui s'y déroulaient et des
    règlements de compte, bref un vrai calvaire . .A maintes reprises , je demandais à pouvoir changé de cellule en exposant mes
    problèmes et chaque fois , la même réponse " vous vous habituerez ". Je vous passe les étapes qui furent mon calvaire .
    Un jour , n'en pouvant plus ,crevant de mal , j'appelle le gardien pour la énième fois . Je lui dit alors que je ne veux plus changé
    de cellule ! Non , je veux qu'il me conduise à l'hôpital car je pisse du sang et j'ajoute que j'y déposerai une plainte contre lui et
    ses collègues . Il ne rit plus . Il referme prestement la porte . Quelques minutes plus tard , on me donne enfin une cellule seul .

    Il y a 1 mois , par Marcus


HTML autorisé: <b> <i> <a> :-) ;-) :-( :-| :-o :-S 8-) :-x :-/ :-p XD :D



Célébrités > C > Claude Lelouch > Lettre 109 > écrire